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7 mai 2017

Y a une route


Qu'est-ce qui l'a poussé à partir ? La foi ? Un voeu ? Une promesse ? Un défi ? Le besoin de réfléchir, de remettre le compteur à zéro ?... Ses priorités sont devenues primaires, organiques : manger, dormir, ménager son corps, ses pieds... La solitude recherchée, acceptée, parfois partagée, les centaines de kilomètres d'efforts et d'inconforts, la chaleur du soleil, les gifles d'une pluie froide et pénétrante, le vent traversant... Tout ça pour quoi ?

Pour laisser bouler les pensées dans sa tête et suivre instinctivement les flèches jaunes et la petite coquille bleue à rayons dorés. Parfois, dans les endroits brumeux,  un cairn signale le panneau. Solidarité muette des gens du chemin qui savent qu'une erreur de direction se paie cash.

Il a choisi de prendre la vitesse à contre-pied. Il prend son temps, regarde, écoute, respire, s'émerveille d'un rien les bons jours, peste contre lui les mauvais. Son but ? Arriver à destination bien sûr, tout là-bas en Galice. Entrer dans la cathédrale certes.... Peut-être pousser jusqu'à Finistera, le cap ultime, la fin de la terre et sacrifier au rituel en brûlant ou en clouant sur un poteau destiné à cet usage un vêtement qu'il aura porté durant son périple. Mais pas que... Y a aut' chose.

25 avril 2017

Essai de structuration


Voilà, c'est un essai dont voici les étapes de la réalisation. Au départ, il y a une idée du genre : "je voudrais représenter un bout de colline boisée et une sente qui mène en haut".

- Fixer sur un support une feuille de papier aquarelle, pur coton, d'environ 19 cm x 15 cm à l'aide d'un papier adhésif.

- Mouiller copieusement la feuille.

- Avec un gros pinceau, lâcher les couleurs (ici jaune, rose-violet, vert, terre de Sienne brûlée.

- Faire circuler les pigments en penchant dans tous les sens le support.

- Avec un pinceau plat modérément humide, commencer à structurer les mélanges en enlevant de-ci, de-là des pigments.

- Laisser sécher une nuit.

- En ne perdant pas de vue l'idée de départ, à partir des taches obtenues, préciser ici et là des couleurs, en retirer ailleurs, structurer petit à petit ce qui se passe sur la feuille en se laissant guider par son inspiration, en tirant profit de l'agencement des formes qui se présentent. Ajouter des pigments, en retirer avec un pinceau humide, sécher un détail avec un bout de mouchoir en papier, étaler en brouillard avec un pinceau sec et dur, remouiller un endroit pour y poser des pigments ou en retirer, gratter avec un morceau de plastique... Rester imaginatif, tout est permis.

- Le plus difficile : décider quand l'aquarelle est terminée.

14 avril 2017

Mise en train


Le we dernier, j'ai participé à un stage de croquis forestier encadré par Laurent Willeneger, un aquarelliste naturaliste Suisse, dans la Réserve Naturelle Nationale de Chalmessin, dans le sud haut-marnais. Pour en savoir davantage sur cet endroit paradisiaque, c'est ici   > reserve-chalmessin.org

Le premier exercice a consisté à tracer un cadre et d'y placer avec exactitude un élément forestier au préalable repéré à travers une fenêtre découpée dans un carton. C'était une sorte de mise en train pour assouplir les doigts, la main, le bras et réhabituer l'oeil à regarder "autrement" un sujet à dessiner puis à peindre.

Une extrémité d'arbre mort avec son écorce moussue en lambeaux a fait l'affaire. J'avais utilisé sans le faire exprès un papier un peu pelucheux qui convenait bien à ce type de croquis.

30 mars 2017

Sucre


A Moray au Pérou, les Incas avaient installé des terrasses expérimentales afin de déterminer l'altitude qui convient le mieux à chaque plante cultivée. Quelques minutes de liberté m'ont permis de croquer cette dame en costume traditionnel qui prenait un peu de repos avec un enfant dans le dos.

A Sucre -(prononcez "Soucré" en faisant rouler légèrement le "r")- en Bolivie, dans le parc de  la place du 25 mai, deux adolescentes qui avaient probablement beaucoup de choses à se dire puisque j'ai eu tout mon temps pour terminer ce petit croquis.


La Paz est la capitale administrative de la Bolivie et Sucre la capitale constitutionnelle. Les frontons des bâtiments correspondants ont des horloges qui tournent à l'envers (pour se libérer de l'impérialisme des pays de l'hémisphère nord)!!! Pour en savoir plus sur cette curieuse décision récente, je vous invite à fouiner sur les sites idoines. Chaque pays possède son lot d'incongruités. En France, par exemple, il est toujours interdit (la loi n'ayant pas été supprimée) d'appeler son cochon "Napoléon". (trouvé dans un des nombreux envois que des amis bien intentionnés me transfèrent de temps en temps).

24 mars 2017

Commérage

Mais que se disent-elles donc ? Quel peut bien être le sujet de conversation de ces deux commères de La Paz ? Le voisin ? La voisine ? Les gosses ? Le mari ? L'am.. (Oh !!) ?

L'une parle en souriant, l'air amusé, un peu moqueur, emmitouflée dans son châle. L'autre paraît un peu songeuse, voire pincée. Elles s'est raidie, a baissé les yeux et a détourné légèrement la tête.

A votre avis, que peuvent-elles bien se dire ?

17 mars 2017

Banalité

Une femme traverse une rue. Quoi de plus banal ?

Alors pourquoi la reproduire et la confier au hasard des clics d'internet ? Question ouverte à laquelle chacun est libre de répondre ou non. 

Pour ma part, je ne sais représenter que des banalités. Cependant, c'est en consacrant un peu de temps à une banalité qu'on la sort de l'ordinaire et du coup elle devient "extra ordinaire". C'est St. Ex qui me l'a soufflé... Rappelez-vous : "C'est le temps perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante".

8 mars 2017

Femmes


    Dernièrement, j'ai eu l'heureuse surprise de trouver l'intitulé suivant dans un courriel : "Photos pour tes aquarelles". Ce sont des scènes de rues, des photos de femmes. Au Pérou, en Bolivie, elles portent, c'est connu, des chapeaux. Et ce n'est pas pour le folklore. Ils font partie de leur quotidien. Je les trouve très beaux, élégants. Ils sont en feutre, généralement noir mais chaque région a son style. C'est pratiquement un marqueur géographique comme sans doute d'autres attributs vestimentaires. Toutes n'en portent pas, beaucoup sont vêtues à l'européenne.

    Un autre élément qui n'est pas spécifiquement féminin est la couverture nouée par devant et portée sur le dos en guise de sac à dos fourre-tout. Elles y mettent souvent leurs achats mais parfois une petite tête d'enfant dépasse.

    En raison de l'altitude et donc du froid, les vêtements surtout en laine sont portés en couches superposées. Dans certaines régions, quatre jupes représentent un minimum... Elles sont toujours très colorées et voyantes et jolies.

2 mars 2017

Sur un air de guitare

La vallée de la lune est une région due à l'érosion de la partie supérieure d'une montagne. Les éléments l'ont sculptée et rendue semblable à un désert de stalagmites. (D'après Wiki) Et dire qu'on avait d'abord envisagé de faire de cet endroit la décharge à ciel ouvert de La Paz, capitale de la Bolivie située à une dizaine de kilomètres !!! Et puis on a dû penser à rentabiliser le site en faisant payer l'entrée.


Outre l'étrangeté et la beauté de l'endroit qui est un régal pour les yeux, le sens de l'ouïe fut également sollicité par ce personnage juché sur un de ces pitons argileux. J'ai d'abord pensé qu'il avait été engagé par la direction pour faire couleur locale. Mais non, ce n'était pas possible dans ce pays qui fait une si belle musique et qui possède tant de bons chanteurs. Celui-ci grattait une petite guitare et hurlait à tue-tête un air connu. Dieu qu'il chantait faux !! Mais il y mettait tout son coeur et c'était touchant et pathétique. Moment étrange et délicieux où le temps s'étirait différemment, où le chaos géologique fusionnait avec le chaos sonore. Ce type tutoyait le vent et les intempéries. Il possédait ce petit grain de folie tellement rare et inconvenant qui change ou dérange un peu l'ordre des choses. Il m'a instantanément plu.

Petite aquarelle 13 cm x 22 cm environ. Papier Canson Vidalon, 300 g. grain prononcé.

26 février 2017

Titicaca

Titicaca ! Que ce nom, trouvé sur une image d'une tablette de chocolat a pu me faire rêver quand j'étais gamin !! Si le rêve pouvait se convertir en volume, il représenterait des stères, en poids, il avoisinerait la tonne. Je ne savais où le situer. Qu'importe, il existait quelque part ce lac avec son drôle de nom dont je me délectais. Et puis j'ai appris un jour qu'il était préférable d'essayer de vivre ses rêves que de rêver sa vie. Ça tombait bien puisque ce lieu est un passage quasi obligé pour les agences de voyages avec en prime une nuit chez l'habitant (hébergement éco-sensible*)


Etymologiquement, Titicaca viendrait de Titi Khar'ka (= roc du puma) ou de Titijaya (= puma de pierre). Wiki nous apprend entre autres son altitude : 3812 m, sa superficie : 8562 km², sa longueur : 281 km, sa largeur : 80 km, sa profondeur maximale : 281 m, sa profondeur moyenne : 107 m, son volume : 893 km².. De grands joncs (la Tortora) y poussent en abondance. Les racines sont liées entre elles et fixées avec des pieux pour faire des îles flottantes recouvertes d'un tapis sans cesse renouvelé de cette plante en guise de sol.

Les habitants construisent des huttes avec la tortora (celle du croquis est réellement penchée à cause du vent permanent sur le lac). Ils vivent de pêche, de chasse et du tourisme et disposent bien évidemment de l'électricité et de barques à moteur.


Candelaria a bien voulu se laisser croquer, sans doute parce que son mari est aussi aquarelliste à ses heures.

*Eco-sensible : Merveilleux échantillon de ce que la bouillie sémantique et la bien-pensance moderne peuvent nous offrir et qui dépasse d'une bonne longueur des trouvailles comme : "apprenant" (= élève), "écoutant", "non-voyant", "non-entendant", "personne de taille réduite"... et que l'on peut mettre au même niveau de çonnerie que, et je n'invente rien : "référentiel bondissant" (= ballon) ou "géniteur d'apprenant" (si, si !!) qu'on a pu voir fleurir dans certains centres de formation des maîtres il y a quelques années. Molière parlait déjà des "commodités de la conversation" (= fauteuils) et des "miroirs de l'âme" (= yeux) dans les Précieuses Ridicules. Cela avait au moins l'avantage d'être poétique...

Bref, l'hébergement éco-sensible en question est situé à plus de 3800 m d'altitude sur une île, une vraie en terre, ne comporte pas de chauffage (rien ne vaut une couverture en laine de lama), ni eau courante permanente (on peut faire l'impasse d'une douche), une ampoule vacillante (on s'en passe facilement quand on dort). Cependant, mon propos est et reste uniquement d'ordre sémantique. N'y voyez nullement une critique d'un hébergement certes précaire mais que l'accueil chaleureux des hôtes a largement compensé. Ce qu'il reste, ce sont des sourires, des tissus richement colorés,  un bon repas convivial, beaucoup de p'tits bonheurs...  Et puis me voilà plus riche d'un mot et pour un peu je deviendrais "tendance".

22 février 2017

Arequipa

Le premier contact avec l'altitude a été la ville d'Arequipa située à 2335 mètres, au sud du Pérou, au(x) pied(s) de trois volcans en sommeil : Chachani, Sabancaya et Misti. Tous trois avoisinent les 6000 mètres.

Depuis la terrasse de l'hôtel, juste avant de repartir et parce que le temps était clair, la visibilité maximale, j'ai pu croquer rapidement ce mastodonte dont la dernière éruption remonte à 1985. A Arecuipa on vit paisiblement sous la protection menaçante des forces telluriques, volcans et tremblements de terre. Allez comprendre...!!

8 février 2017

Camélidés

Au Pérou ou en Bolivie, entre les zones peuplées, il y a de vastes étendues pratiquement désertes. On peut parcourir des dizaines de kilomètres sans rencontrer personne.




Le long des routes, ce panneau revient périodiquement pour rappeler la présence d'animaux sauvages dont le plus connu depuis Tintin est le lama. A cela, il faut ajouter le guanaco et l'alpaga très laineux. Ces trois espèces ont grosso-modo la taille d'une génisse et vivent en petits troupeaux. Plus petite, plus gracile et jolie est la vigogne de la taille d'un chevreuil. Ce sont tous des camélidés. Vigognes et guanacos sont protégés car ils étaient menacés d'extinction. Ils vivent donc obligatoirement à l'état sauvage. Seuls quelques industriels de la laine peuvent les attraper pour les tondre mais ils doivent les relâcher. Alpagas et lamas peuvent être domestiqués, voire consommés. La laine de l'alpaga et davantage celle de la vigogne est très prisée car douce et chaude ... et chère.



J'ai appris tout cela à Arecuipa, en visitant un centre de production de laine qui montrait quelques lamas et alpagas dans un petit enclos, en inadéquation totale avec l'espace dont ces animaux ont besoin.

5 février 2017

Lima

De retour d'un voyage au Pérou et en Bolivie, voici une toute petite série de croquis pris sur le vif lors des rares moments libres dont je disposais car le problème avec les voyages organisés est que le croquis demande un minimum de "musardage", réalité incompatible avec un temps quantifié, compté, organisé... Quelques photos pourront à l'occasion faire l'objet de représentations plus étudiées...


A Lima, comme dans toutes les villes importantes, il y a une grande place d'armes. En face, le palais présidentiel et dans la cour, sous un soleil brûlant, des gardes immobiles, en uniforme clinquant et brillant. J'ai réussi à griffonner ce premier dessin sur un muret, derrière une épaisse grille, sous les yeux curieux d'un des nombreux gardes de l'entrée.

Le long d'une avenue surplombant le littoral, dans le quartier aisé de Miraflores, un aperçu d'un ciel rougeoyant de fin de journée sur une île à quelques kilomètres.

13 janvier 2017

Problématique de la photo



Peindre un paysage d'après photo pose le problème de son interprétation : qu'est-ce que je garde ? Qu'est-ce que j'enlève ? Qu'est-ce que je change ? Quel sera mon point focal ? Quel papier ? Quels pinceaux ? ...

Jusqu'à présent, je l'ai toujours fait empiriquement. Et puis dernièrement, en fouinant dans les rayons "librairie" d'une grande surface, j'ai déniché l'ouvrage que je cherchais inconsciemment. Il s'intitule : "Peindre des aquarelles d'après photos", éditions de Saxe 2016 par Geoff Kersey, un aquarelliste que j'apprécie beaucoup pour sa concision et la délicatesse de ses tableaux. (On peut trouver ses démos sur You Tub). Ses explications sont claires et structurées. Cependant l'ouvrage ne s'adresse pas à des débutants car du point de vue technique, il n'indique que la composition des mélanges. Ce n'est pas un "pas à pas" comme on peut en voir chez la plupart des auteurs. Son propos porte sur les modalités de transfert d'une photo en aquarelle.

Alors voilà ci-dessus la photo de départ, et ci-dessous l'aquarelle d'abord brute de fonderie et la même habillée.




3 janvier 2017

Bon pied, bon oeil



Je vous souhaite de partir d'un bon pied vers le flou et l'inconnu(e) de cette nouvelle année avec l'espoir que votre chemin sera doux et ensoleillé.

25 décembre 2016

Rebelle


Rebelle < lat. rebellis, dérivé de rebellare < bellum, guerre. Un rebelle, étymologiquement est un homme de guerre. Et puis le mot a désigné celui qui, dans une guerre civile, se bat contre le gouvernement en place. Le sens s'est élargi à celui ou celle qui ne rentre pas dans le rang ou refuse d'adopter une certaine normalité par sa manière de penser, de vivre, de se vêtir ou de se comporter... En fait, tout le monde est un peu rebelle à sa manière et on peut même adapter ce mot aux animaux, aux plantes, aux arbres... Tenez, justement celui-ci : quelle mouche l'a donc piqué pour s'aller installer sur la roche en plein soleil, en plein vent, en plein froid, bref en plein inconfort juste pour narguer le troupeau de ses congénères en contrebas, bien serrés, bien à l'abri ? Il n'a même pas tenu compte de la présence et sans doute des conseils du vieux rabougris juste au-dessus qui n'a pas résisté aux intempéries !!

Pour ma part, j'aime à penser que le dictionnaire a fait une erreur et que "rebelle" / "rebel" (ne soyons pas à un néologisme près) signifie plus prosaïquement belle ou beau une seconde fois et que le mot désigne donc une espèce de plus-que-parfait de la beauté qui, et ce n'est un secret pour personne, se conjugue à toutes les personnes, à tous les temps, à tous les modes et ne connaît pas de frontières.

Je vous souhaite de joyeuse fêtes.

11 décembre 2016

Pinceau hake

C'est un pinceau plat, plus ou moins large en poils de chèvre. Il semble peu utilisé par les aquarellistes dont je suis régulièrement les démos sur You Tub.


On s'en sert pour faire des paysages souvent lacustres et il permet des fondus et des effets impressionnistes intéressants mais on y perd parfois en transparence. Je connais deux artistes qui maîtrisent bien cette technique : Dave Usher et Steven Cronin. C'est assez déconcertant de les voir à l'oeuvre car ils commencent leur mise en couleur par une feuille blanche sans aucun tracé préalable et on voit apparaître et se structurer d'un chaos informe, d'une bouillie de taches, un splendide paysage. Les détails sont bien évidemment effectués à l'aide d'un pinceau fin, tout ce qu'il y a de plus ordinaire.

Pour réaliser l'aquarelle ci-dessus, je me suis inspiré d'un travail de Dave Usher.

7 décembre 2016

Fripouille

   Avez-vous remarqué combien les noms donnés à nos animaux domestiques leur conviennent souvent parfaitement ? Celui-ci s'appelle Fripouille. Il avoisine la décennie et le quartier lui appartient au point qu'un jour je l'ai surpris sur la banquette arrière de la voiture au moment de démarrer. Depuis quelques années, il ne rentre plus dans la maison en été, la chienne fait le ménage...

    Je l'ai trouvé installé à sommeiller sur son bout de mur en hauteur, au soleil et à l'abri des herbes et je crois qu'il n'a apprécié que très moyennement d'être photographié. Qu'un oiseau étourdi s'oublie un peu à proximité et l'erreur lui sera fatale. Il ne le mangera pas, il est trop bien nourri et choyé chez lui. Non, c'est plutôt histoire de vérifier s'il n'a pas perdu la patte, si la détente est toujours efficace, la griffe suffisamment acérée, l'oeil pareillement affûté bref si tout est en ordre, si la mécanique reste bien huilée.

   Je l'aime bien mais de loin... Sa présence a quelque chose de paisible et de réconfortant, sa souplesse et sa beauté sont un régal pour les yeux.  Fripouille est un chat, un vrai.

4 décembre 2016

Meuse




 Il est un vieux, peut-être très vieux chemin que j'emprunte souvent et j'utiliserais volontiers le néologisme homophone "d'empreinter" tellement mes chaussures s'en souviennent. Il longe la rivière Meuse qui s'amuse à jouer à cache-cache avec lui. Quand elle est calme et tranquille, elle s'écoule et s'étire grassement, paresseusement entre les pâturages et offre généreusement son eau au bétail, ses poissons aux hérons et pêcheurs, ses baignades aux enfants et aux chiens. C'est ainsi que je la préfère, fraîche, étincelante, joueuse, accueillante.

Quand elle est colère, elle sort de son lit, roule et reprend son territoire, submerge son domaine. Une année, alors qu'elle était particulièrement fâchée, elle a même inondé le chemin. On fait alors prudemment demi-tour, se disant qu'on reviendra plus tard une fois la crise terminée. Pas la peine d'essayer de la contrer, on y risque sa peau. Même les vaches le savent. Elles se regroupent alors peureusement sur les hauteurs et attendent qu'elle se calme ou qu'on les emmène ailleurs.

27 novembre 2016

Promesses d'automne







J'aime l'automne et pas seulement pour ses couleurs mais pour cette espèce de bilan que fait la nature en distribuant généreusement ses richesses et promesses d'avenir aux quatre vents.

En Corse, le mois dernier, les chênes-lièges abandonnaient leurs glands qui craquaient  sous les pieds. Il fallait être bien chaussé pour se promener sur des tapis de bogues sous les châtaigniers si on voulait  se remplir les poches de fruits.

Comment ne pas être tenté de les fixer avec un appareil photo ou par un dessin ? Jusqu'à cette humble graminée desséchée dont j'ignore le nom et trouvée un jour à proximité de la voiture. En la regardant de plus près, je me suis rendu compte qu'un parasite l'avait squattée pour faire bombance avant de quitter les lieux en signant son forfait par un petit trou.  

18 novembre 2016

Antagonisme perpétuel


J'avais d'abord pensé intituler cette page : L'origine du monde mais ça aurait fait des histoires...

Le mois dernier, j'ai reçu quelques photos de vacances et l'une d'elles m'a plu à cause de l'apparent conflit : élément liquide et inertie du minéral sur lequel se meuvent quelques créatures humaines. Deux immensités en perpétuelle opposition, à l'origine du vivant.

Aquarelle hors cadre environ 35 cm x 25 cm, papier Saunders, coton, 300 g.